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SavGIS Software

Savane Logo

Geographic Information System by IRD


Les différents modules du système

Le SIG SavGIS est composé de plusieurs modules destinés à construire et à administrer la base de données :

SAVATECA est le module d'administration et de gestion de la base de données. Il gère la configuration du système global et l'ensemble de l'organisation de la base. Il permet de créer une base de données et d'intégrer des données graphiques et descriptives dans un système géoréférencé.

SAVAMER est le module de géoréférencement d'images. Il permet une mise en conformité géographique des images raster et leur intégration dans une relation de type image, en trois étapes : géoréférencement, ré-échantillonnage, intégration et mosaïque.Il permet également une mise en conformité géographique des documents vectoriels digitalisés sans références géographiques.

SAVEDIT est le module de digitalisation des documents graphiques. Il permet la saisie vectorielle sur écran à partir d'un fond scanné et géoréférencé ainsi que la saisie et la modification de la topologie. Il autorise l'importation de documents provenant d'autres logiciels. Il intègre une fonction de transformation de référentiel géographique.

SAVANE est le module d'exploitation et de cartographie. C'est le principal module du système. De nombreux traitements de données peuvent être effectués facilement, orientés vers l'analyse spatiale : sélections, croisements, mises en relation, regroupements ; masques et tampons graphiques ; jointures et agrégation de données géographiques d'origines diverses ; requêtes et calculs sur les attributs, classifications, calculs… et cartographie d'édition (représentations graphiques des résultats des requêtes).


SAVATECA

Le module SAVATECA regroupe l’ensemble des opérations de gestion et d’administration des bases de données, indépendamment de leur exploitation. Il gère la configuration du système global (emplacement des bases de données, emplacement des utilisateurs), les dictionnaires des bases de données, les vues externes. Son utilisation est en principe réservé à l’administrateur de la base de données : un mot de passe permet d’en restreindre l’accès.

 

Principes généraux d’administration

L ’organisation générale du système SAVANE est la suivante :

- Bases de données : tous les fichiers internes d’une même base de données SAVANE (données, méthodes, accès, dictionnaire) sont regroupés dans un seul répertoire, à l’exception des relations de type mosaïque dont l’emplacement peut être distinct (pour pouvoir les partager entre plusieurs bases de données). Le répertoire de la base peut se trouver n’importe où sur le réseau local. Le système SAVANE permet de gérer plusieurs bases de données.

- Utilisateurs : pour exploiter une base de données SAVANE, il faut être un utilisateur déclaré du système SAVANE. Lors de l’exploitation, de nombreux fichiers temporaires sont créés : ils seront stockés dans un répertoire propre à l’utilisateur. De même, ce répertoire de l’utilisateur permet de stocker les cartes et méthodes créées par cet utilisateur. Le répertoire de l’utilisateur peut se trouver n’importe où sur le réseau.

- Exécutables : les exécutables peuvent être installés n’importe où sur le réseau local.

Toute utilisation de l’un des modules d’exploitation que nous décrirons plus loin (SAVEDIT, SAVAMER, SAVANE) nécessite les trois paramètres suivants : nom de la base, nom de l’utilisateur, vue externe.


Organisation d’une base de données SAVANE : principe généraux

Les objets sont regroupés en collections, ou relations, suivant le principe des bases de données relationnelles. Chaque individu d'une collection est décrit par un certain nombre de critères, ou attributs. Bien sûr, ces critères sont les mêmes pour tous les objets d'une même relation. Il existe dans Savane cinq types de relation, suivant la définition géographique des objets : zones, lignes, points, pixels, non localisés. Un objet est décrit par des attributs descriptifs, plus un attribut graphique dans le cas de relations localisées.

On rencontre de nombreux types d'attributs descriptifs, parmi lesquels les plus courant sont :

• Nominal ou qualitatif : ceux qui prennent des valeurs nominales (une chaîne de caractères). Certains attributs nominaux jouent un rôle particulier : une clé est un attribut dont chaque valeur correspond à un seul objet (par exemple le numéro d'immatriculation est une clé de la relation voiture; le nom du propriétaire n'est pas une clé, car un même propriétaire peut avoir deux voitures).
• Ordinal : ceux qui prennent des valeurs nominales que l'on veut pouvoir ordonner,
• Entier : ceux qui prennent des valeurs numériques entières,
• Réel : ceux qui prennent des valeurs numériques quelconques (comme un prix).
• Couleur 8 bits, 16 bits, RVB : la valeur de l'attribut correspond au codage d'une couleur. Avec 8 bits, on peut coder 256 couleurs, avec 16 bits 64000. Une couleur RVB comprend un niveau de rouge, un niveau de vert, un niveau de bleu, chaque niveau étant codé sur 8 bits (256 valeurs possibles pour chaque niveau, soit 16 millions de couleurs possibles).
• Date : ceux qui prennent la valeur d’une date,
• Son : la valeur de l'attribut correspond à la description d'un son,
• image : la valeur de l'attribut correspond à une image ou à une collection d’images (album de photographies, documents scannés,…),
• vidéo : la valeur de l’attribut correspond à une séquence vidéo,
• graphe : la valeur de l'attribut correspond à la description d'un graphe en deux dimensions.

Chaque objet d'une relation localisée est donc décrit par un ensemble de valeurs d'attributs descriptifs ainsi que par la valeur de l'attribut de localisation. L'attribut de localisation n’apparaît pas dans la liste des attributs d'une relation, il est sous-jacent à la définition même de la relation et est géré directement par le système. En fait, on définit implicitement l'attribut de localisation lors de la création de la relation, en indiquant le type des objets (zone, ligne, point, pixel, non localisé).

Définir des types d'objets en fonction de leur type de localisation revient en fait à se rapprocher du modèle objet : nous avons cinq grandes classes d'objets, les zones, les lignes, les points, les pixels, les objets non localisés, et à chaque classe correspond différentes fonctions de description, de stockage, d'intégration, d'exploitation. Le système SAVANE propose également quelques types dérivés des types de base : ces types proposent déjà la définition d'un certain nombre d'attributs descriptifs.

A chaque relation sont associés des fichiers qui contiennent les valeurs des objets. La description de la localisation est différente suivant le type de la relation. Pour les relations de type zone, la localisation des objets est donnée par les arcs constituant la frontière de chaque objet : un fichier conserve la description de tous les arcs de la relation, un autre fichier conserve les valeurs des attributs descriptifs, et un troisième fichier donne l’indexation primaire suivant la localisation. Pour les objets de type ligne, la structure est presque identique, mais la localisation ne fait pas référence à la notion de frontière, et la localisation d’un objet est décrite par des arcs qui n’appartiennent qu’à un seul objet. Pour les objets de type points, la localisation est donnée directement par les coordonnées, et est conservé dans le fichier des valeurs descriptives : ce type de relation ne comprend donc que deux fichiers, l’un pour la localisation et les données descriptives, l’autre pour l’indexation géographique.

Le module SAVATECA permet de gérer l’ensemble de l’organisation d’une base, que ce soit pour la description des relations, pour la gestion des fichiers associés à chaque relation, pour la gestion des objets de chaque relation, pour la gestion des vues externes, ou pour la gestion des utilisateurs et l’utilisation en réseau.


Création d’une base de données

Le module SAVATECA permet de créer une base de données SAVANE. Lors de la création, l’utilisateur doit indiquer le nom de la base, son emplacement sur le réseau, l’espace géographique concerné. Cette déclaration va créer l’ensemble de la structure nécessaire à une base de données : un répertoire à l’emplacement indiqué, et dans ce répertoire, le dictionnaire de la base (fichier base), le fichier des vues externes (fichier fpacc). La description de la fenêtre géographique de la base (espace géographique concerné par cette base) est stockée dans le dictionnaire de la base.


Gestion du schéma

Le schéma d’une base de données contient la description des relations, des attributs, et des méthodes. Cette description est conservée dans le fichier base : c’est le dictionnaire de la base. Pour chaque relation, ce dictionnaire comprend :
- le nom de la relation
- le type de la relation (zone, ligne, point, image, non localisé)
- le nombre d’attributs descriptifs
- le nom des fichiers associés (objets et valeurs descriptives, objets graphiques associés)
- la description des attributs

Pour chaque attribut, la description comprend :
- le nom de l’attribut
- le type de l’attribut (nominal, ordinal, entier, numérique, date, RVB, etc.)
- le nombre de valeurs nominales (dans le cas d’un attribut nominal)
- l’adresse de la première valeur nominale dans le fichier des valeurs d’attributs (dans le cas d’un attribut nominal).
La lecture du dictionnaire permet au système de charger le schéma des données et l’ensemble des paramètres permettant d’accéder aux objets (données graphiques et descriptives).


Gestion des vues externes

Une vue externe permet de donner à l’utilisateur une autre vision de la base de données. Il est possible d’exclure un certain nombre de relations, d’attributs ou de méthodes, de modifier l’ordre des relations ou des attributs, et de présenter relations, attributs et méthodes en groupes. La vue externe est donc un ensemble d’indirection entre le schéma interne de la base et le schéma externe présenté à l’utilisateur.
Le programme SAVATECA permet de gérer les vues externes : création, modification (ajout ou suppression de relations, d’attributs ou de méthodes, ordre, regroupement), suppression.


Intégration d’objets

La constitution d’une base de données se fait par intégrations successives d’objets dans la base. Pour les objets localisés, l’intégration se divise en deux phases distinctes : la première phase consiste à créer les objets en intégrant l’attribut de localisation (saisi ou importé dans le module SAVEDIT) et un identifiant pour chaque objet. La seconde phase permet d’intégrer les valeurs descriptives des objets en utilisant l’identifiant comme attribut de jointure. Ces valeurs descriptives peuvent provenir d’un fichier classique ou d’une base de données relationnelle classique. Les valeurs des attributs des objets sont alors lues dans ces fichiers et recopiés dans la base Savane.

Pour les relations localisées, chaque phase de création crée un groupe d’objets dont l’adresse et la position géographique en deux dimensions sont conservées par le système et qu’il utilise lors de l’exploitation de la base comme indexation primaire, dans une structure séquentielle indexée en deux dimensions.

Une fois des objets intégrés dans la relation, il est bien sûr possible de modifier le schéma de la relation en ajoutant ou supprimant des attributs. Il est également possible de modifier les valeurs des objets. Ces opérations modifient le contenu de la base de données.

Les attributs sont gérés différemment suivant leur type. Par exemple, les valeurs des attributs nominaux sont codées et les modalités sont conservées dans un fichier (fpvaleurs) séparé des fichiers conservant les valeurs des objets.

Gestion des utilisateurs

Le système SAVANE est conçu pour être multi-utilisateur et pouvoir être utilisé dans un réseau local d’ordinateur. Comme de nombreux fichiers temporaires sont créés lors de l’utilisation du système, chaque utilisateur doit avoir un espace de travail distinct pour stocker ses propres fichiers temporaires. Le module SAVATECA permet donc d’administrer ces utilisateurs (création, modification, suppression). Le répertoire de stockage d’un utilisateur peut se trouver n’importe où sur le réseau local.


SAVAMER

 

Le système comporte deux modules de saisie graphique, l’un pour les images, l’autre pour les données vectorielles. Le module SAVAMER permet de géo-référencer des images raster et de les intégrer dans une relation de type image .Il permet également une mise en conformité géographique des documents vectoriels digitalisés sans références géographiques.

Mosaic

Pour être intégrés dans une relation de la base de données, les pixels d’une images doivent tous être géo-référencés : la position de chaque pixel doit être connue. Bien souvent, l’image que l’on souhaite intégrer dans une base n’est pas en conformité géographique avec la réalité, et il faut la redresser, c’est-à-dire modifier la position d’un certain nombre de ses pixels pour les remettre à leur position géographique correcte. L’image d’origine doit donc être déformée.

Les objets d’une relation de type image sont des pixels définis sans ambiguïté, pour leur position comme pour leur taille. Pour affecter une valeur à un objet pixel de la relation à partir d’une image, il faut donc savoir quels sont les pixels de l’image qui participent à la définition de la valeur de l’objet pixel de la relation. L’opération de géo-référencement consiste donc en une opération de redressement (repositionnement des pixels dans l’espace) et une opération de ré-échantillonage (modification de la taille des pixels de l’image).

A partir d’une image non géo-référencée, le module SAVAMER crée donc une nouvelle image, par redressement et ré-échantillonage. Les paramètres de cette nouvelle image sont alors compatibles avec les paramètres de la relation qui doit recevoir les valeurs (projection géographique, taille de pixel). Une fois cette opération effectuée, le module SAVAMER permet d’intégrer les valeurs de l’image à un attribut de la relation.


Le géo-référencement

Le géo-référencement a pour objet la mise en conformité géographique de l’image. L’opération a donc pour objet de placer chaque pixel de l’image d’origine à sa position géographique exacte. Comme il n’est pas possible d’indiquer manuellement la position exacte de chaque pixel de l’image, on utilise des fonctions de déformation globales ou semi-locales. Le choix de la fonction de déformation dépend de la déformation supposée de l’image. Certains paramètres de déformation sont intrinsèques au type de capteur, comme la position et le type de capteur d’un satellite ou l’objectif d’un appareil de prise de vues aériennes. Les autres paramètres doivent être calculés à partir de points d’appui entre image et position dans le plan de projection, et par l’utilisation d’un modèle numérique pour la prise en compte de la déformation due aux différences d’altitude.

Savamer

Le module SAVAMER permet la saisie de points d’appui et le redressement, en donnant le choix de la fonction de redressement : similitude, projection centrale, fonction polynomiale de degré 1 ou 3, tessellation, etc. Plusieurs fonctions de redressement peuvent être combinées : il est courant d’effectuer une transformation globale (de type projective ou de degré1) suivie de transformations locales (par exemple, redressement de degré 1 dans les triangles issues d’une tessellation à partir de points d’appui).


Le ré-échantillonage

Les pixels d’une relation sont définis sans ambiguïté, taille et position. La taille de ce pixel peut être différente de celle -supposée- des pixels de l’image d’origine. Pour savoir quelle valeur affecter à un pixel de la relation à partir des pixels d’une image, il faut calculer, par géo-référencement, quels pixels de l’image d’origine participent par leur position à la définition de la valeur du pixel de la relation, puis, par une opération de ré-échantillonage, il faut affecter une nouvelle valeur à partir de ces pixels.
Plusieurs méthodes peuvent être employées pour effectuer cette opération. La plus simple consiste à prendre la valeur du pixel de l’image d’origine le plus proche (plus proche voisin), mais il est également courant de faire une moyenne sur les pixels voisins, par un calcul bilinéaire ou bicubique. Ces trois opérations de ré-échantillonage sont implantés dans le module de redressement de SAVAMER.

Le mosaïquage et l’intégration

L’opération de mosaïquage permet d’intégrer une image géo-référencée à un attribut d’une relation de type pixel. Le système SAVANE gère ces attributs de manière à permettre des ensembles de pixels plus complexes que des images rectangulaires. L’opération d’intégration consiste donc, à partir d’une image géo-référencée, à créer des objets pixels dans une relation (si ces objets n’existent pas déjà), et à affecter les valeurs des pixels de l’image à un attribut dans cette relation. On constitue ainsi une « mosaïque » dont la gestion est entièrement à la charge du système, et dont la structure externe est identique à celle des autres types de relation.

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SAVEDIT

Le module SAVEDIT permet la saisie et la correction de l’attribut de localisation pour les objets dont la localisation est donnée sous forme de zone, de ligne, ou de point, à partir de plans ou de cartes. Il permet également l’importation de documents provenant d’autres logiciels (format ShapeFile ou DXF). La saisie est dite vectorielle car le résultat est stocké sous forme discrète d’ensembles de points, permettant de schématiser les contours des zones ou les arcs des lignes.


Principes généraux

La saisie se fait sur écran avec une souris. Le support de la digitalisation peut être une carte ou un plan, scanné puis géo-référencé (grâce au module SAVAMER) et visualisé sur l’écran. L’utilisateur peut également visualiser l’ensemble des objets déjà intégrés dans une base de données. De nombreuses options permettent de choisir l’espace géographique affiché à l’écran.

Contrairement aux logiciels de saisie graphique (de type AUTOCAD) qui permettent la saisie, dans un même document, d’objets de différents types (des zones, les lignes, du texte, des symboles, etc.), un document SAVEDIT ne doit contenir que les objets d’une même collection, destinés à être intégrés dans une même relation. La saisie se limite, pour chaque objet, à la description de la localisation, et à la saisie d’une valeur propre à chaque objet (un identifiant, ou clé) qui sera utilisé par la suite comme clé de jointure pour l’intégration des valeurs descriptives de l’objet. Aucun attribut de dessin (couleur, type de trait, symbole, etc.) n’est indiqué lors de la saisie. Ces attributs de dessin seront affectés par la suite à chaque objet en fonction de leurs attributs descriptifs, dans le processus d’interrogation et d’exploitation de la base de données effectués grâce au module SAVANE.

Puisque la saisie suit la schématisation du réel en collections, cette saisie doit satisfaire de nombreux contrôles de cohérence liées à cette description. Par exemple, les zones doivent être fermées ; les zones d’une même relation ne doivent pas avoir d’intersection ; les arcs ne doivent pas se croiser ; etc. SAVEDIT met en oeuvre de nombreux contrôles de cohérence et d'intégrité.

Le module SAVEDIT présente également de nombreuses fonctionnalités propres à améliorer les performances de l’opération de saisie graphique. Par exemple : gestion de la précision et de la connexité entre arcs ; jointure automatique d’arcs ; division automatique d’arcs en cours de saisie sur l’intersection ; vérification permanente de la fermeture des zones ; suppression automatique d’arcs en double ; etc.

Chaque point saisi sur l’écran est transformé en coordonnées géographiques (longitude, colatitude) selon le datum et la projection géographique utilisés. Tous les points sont donc conservés en coordonnées sphériques. Le datum d’un document peut être modifié : dans ce cas, l’utilisateur a le choix de transformer ou non les coordonnées des points saisis. Ceci peut être nécessaire car tous les objets d’une base de données SAVANE doivent être exprimés dans le même datum.


SAVANE

 

Le module d’exploitation SAVANE est le principal module du système. Il intègre un ensemble étendu de fonctionnalités pour l’interrogation, le traitement et la représentation des informations contenues dans une base de données géographiques. L’utilisation de SAVANE ne réclame pas l’apprentissage d’un langage de commande spécifique. L’interface rassemble dans un environnement ergonomique une grande variété d’outils de consultation, de cartographie, de recherches multicritères, d’analyse statistique, de superpositions, géo-jointures, lissages, d’analyses d’itinéraires et de voisinage, de modélisation. Le logiciel est un outil polyvalent et intégré qui permet d’appréhender rapidement toutes les facettes du travail d’exploitation d’un SIG.


Cartes, cadres et requêtes

Le document de base du logiciel SAVANE est une carte, c’est-à-dire une feuille de papier destinée à contenir une représentation graphique de données géographiques. A l’entrée dans SAVANE – après avoir indiqué le nom de la base, l’utilisateur et la vue externe - apparaît donc une feuille de papier sur l’écran. Cette feuille contient par défaut un cadre géographique.

Un cadre géographique correspond au résultat d’une requête sur la base de données : SAVANE utilise le principe de la requête pour l’interrogation d’une base de données. Il faut enchaîner les opérations, le résultat de l’une pouvant servir d’entrée à la suivante. Une interrogation, une requête, est donc composée d’un ensemble d’opérations que l’on déclenche grâce au menu principal, et que l’on peut conserver sous forme de macro-commande.

Un cadre peut donc être vu comme une fenêtre sur la base de données contenant, à un moment donné, un état temporaire de la base correspondant à une interrogation et aux opérations effectuées (calculs, création de nouvelles variables, croisement et jointure d’objets, etc.). L’état temporaire de la base lié au cadre est conservé avec la carte qui contient le cadre, ainsi que la macro-commande correspondant à toutes les opérations effectuées dans ce cadre. En plus de la requête et de l’état temporaire de la base, au cadre sont attachés des paramètres qui lui sont propres (espace visualisé, projection géographique, échelle de tracé, visualisation des amorces géographiques ou de projection, type de dessin pour le bord, position dans la carte).

Une carte peut contenir simultanément jusqu’à douze cadres différents. Elle doit en contenir un au minimum. Un cadre doit être sélectionné dans la carte pour avoir accès aux menus des commandes d’interrogation de la base de données. Le cadre correspond à un espace géographique, délimité par le bord du cadre. La requête liée au cadre utilise par défaut cet espace géographique pour sélectionner les objets de la base, mais l’utilisateur peut spécifier une fenêtre géographique différente pour la requête, ou modifier l’espace de visualisation du cadre sans modifier la fenêtre géographique de la requête. Dans un cas, la fenêtre de la requête correspond à une opération de sélection des objets de la base de données, dans l’autre cas, l’espace de visualisation du cadre correspond à un espace de dessin dans la carte, à une échelle donnée par l’utilisateur.

Principales opérations de manipulation de données

Les principales opérations concernent l’interrogation relationnelle des données géographiques dans un cadre. Toutes ces opérations sont accessibles par les menus et les dialogues :

- restriction, par formule, par valeur, ou sur un espace géographique,
- suppression de relations ou d’attributs, correspondant à l’opération relationnelle
de projection,
- jointures (classique, semi-jointure, jointures géométriques, semi-jointures géométriques),
- agrégations,
- regroupement thématique d’objets d’une même relation,
- géo-jointures suivies d’agrégations.
Outre les opérations relationnelles utilisant la localisation comme clé de jointure, des opérations sont spécifiques à la localisation des objets :
- calculs métriques (longueurs, périmètres, surfaces),
- création de zones tampons,
- calculs de distance entre objets,
- calculs de proximité ou faisant intervenir les voisins (comme par exemple les calculs de texture dans une relation de type pixel),
Plusieurs opérations permettent de changer de type d’objet géographique, comme par exemple :
- procédures d’interpolation, permettant de passer d’un type ligne ou point à un type pixel,
- procédures de rasterisation, permettant de passer d’un type zone à un type pixel,
- procédures de vectorisation, permettant de passer d’un type image à un type zone ou ligne.

De nombreuses autres opérations sont disponibles. Elles concernent essentiellement la création de nouveaux attributs à partir des attributs d’une relation, et l’exploration statistique des attributs. Par exemple, on peut créer de nouveaux attributs dans une relation :

- par calcul numérique ou logique entre les autres attributs de la relation. Il suffit d’indiquer la formule, qui peut contenir des opérateurs logiques (and, or, xor, not) comme des opérateurs numériques.
- par agrégation statistique (moyenne, somme, écart-type, etc.) d’un attribut numérique par rapport à un attribut nominal,
- par combinaison, comparaison, tri, etc.,
- par classification, pour créer un attribut nominal à partir d’un attribut numérique (classifications par intervalles, par quantiles, par progression, par moyennes emboîtées, etc.).


Masques et distances

La création de zones tampon, ou masques, permet de gérer agréablement les opérations de semi-jointures géométriques. Un masque est défini comme une zone géographique sans attribut dont l’objectif est l’utilisation ultérieure dans des opérations de sélection sur la localisation (appartenance ou non d’un objet au masque, lors d’une opération impliquant l’objet). Les masques peuvent être créés directement en dessinant sur l’écran, ou par rapport aux objets d’une relation (avec une distance permettant de créer un tampon autour de ces objets). Le système SAVANE permet de combiner des masques entre eux grâce à une algèbre de masques : intersection, union, union exclusive, différence, inversion. Il permet également les opérations morphologiques d’érosion et de dilatation. Les masques sont conservés par le système à la fois sous forme vectorielle et sous forme matricielle. La forme matricielle est recalculée à chaque changement d’espace géographique de travail.


Macro-commandes et méthodes

Toutes les opérations réalisées pendant une session de travail dans un cadre sont conservées dans une structure de macro-commande, liée au cadre.
Cette macro-commande peut être exécutée de nouveau pour actualiser l’état de la base de données lié au cadre, et donc lié à la requête associée.
Une macro-commande peut également être créée directement par l’utilisateur, en enregistrant une partie d’une requête. Cette macro-commande peut ensuite être exécutée de nouveau, et être intégrée dans la structure de la base comme une méthode sur les relations de la base. La base de données initiale peut donc s’enrichir peu à peu de méthodes d’utilisation des données. Une méthode est soit liée à une relation, si les procédures utilisées ne font appels qu’aux seuls attributs de cette relation, soit liée directement à la base, si elle fait appel aux attributs de plusieurs relations.
Le schéma des données, initialement relationnel (mis à part les types d’objets liées à la localisation), se rapproche donc du modèle objet, en encapsulant données et méthodes dans une même structure. On bénéficie ainsi à la fois de la gestion de la localisation (SIG) et de la gestion objet (BDOO) dans un même système.


Edition cartographique et impression

Puisque le système gère et manipule des données localisées, il faut pouvoir représenter le résultat d’une requête, exactement comme l’on peut choisir les attributs graphiques d’une liste de valeurs (police, taille des caractères, largeur des colonnes, etc.) pour les imprimer sous forme de tableau. Pour des données bi-dimensionnelles, le processus est plus complexe puisque le résultat d’une requête peut être lui-même bi-dimensionnel, et le processus de représentation s’apparente alors à une cartographie.

Le système comporte donc naturellement un certain nombre de possibilités de représentation visant à associer valeurs (nominales ou numériques) ou types d’objet à des attributs graphiques : couleur, trame, symbole, type de trait, épaisseur, etc. Evidemment, les possibilités sont différentes en fonction du type d’objet géographique : par exemple, on peut représenter une zone par son contour, ou remplir l’intérieur de la zone par une couleur et une trame, mais on ne peut représenter un point que par un symbole.

Cette association ne se fait qu’au moment de représenter sur une carte le résultat d’une requête dans un cadre. Pour cela, l’utilisateur dispose d’un explorateur cartographique qui lui permet de choisir les relations à dessiner dans le cadre, ainsi que tous les paramètres permettant d’associer les valeurs d’un attribut à une représentation graphique. Les légendes sont un moyen d’afficher ces paramètres : le système permet également de dessiner les légendes sous des formes classiques en cartographie (caissons, symboles superposés ou contigus, etc.). Bien sûr, la requête peut être vide : l’utilisateur dessine alors les objets en fonction de leurs attributs d’origine. C’est la démarche habituelle lorsque l’on utilise le SIG uniquement à des fins d’exploration des objets.

L’explorateur cartographique permet également de dessiner des masques (en indiquant couleur et trame), des images géoréférencées, ainsi que des fonds graphiques. Les fonds graphiques sont des fichiers contenant exclusivement du dessin, sans la notion d’objet ou d’attribut descriptif. Les fichiers au format DXF sont un exemple de ce type de document. Le système SAVANE permet à l’utilisateur d’afficher ce type de dessin dans un cadre, à condition bien sûr que les coordonnées soient compatibles : le repère doit être connu. Le dessin n’a pas forcément besoin d’être dans la même projection géographique que le cadre, le système se charge de la transformation de projection si un fichier décrivant la projection du document a été créé.

Le système permet également la représentation en trois dimensions si les données s’y prêtent. Dans ce cas, l’image calculée en perspective peut être collée dans la carte, ou sauvegardée comme un fichier image à part.


Utilisateurs et partage des bases de données

Chaque utilisateur doit avoir un espace de travail réservé car de nombreux traitements créent des fichiers temporaires qui ne doivent pas être mélangés entre différents utilisateurs. De même, les cartes et tous les objets graphiques qu’elles contiennent sont stockés dans un répertoire de l’utilisateur qui les a produites. Cet espace de travail est créé lors de la création de l’utilisateur avec le module SAVATECA.

Les bases de données peuvent être partagées par tous les utilisateurs du système. Chaque module actualise le schéma de la base dès qu’une modification a été effectuée par l’administrateur avec le module SAVATECA. Les états temporaires des bases de données sont stockées dans les cartes correspondantes, et se trouvent donc dans le répertoire de l’utilisateur.

Vecteur et raster

C’est une question qui était posée pendant de nombreuses années aux concepteurs de systèmes d’information géographique : vecteur ou raster ? La question concernait le mode de stockage de l’information de localisation (par arc ou par pixel) et, donc, implicitement, le mode de résolution et la précision de certaines procédures impliquant la localisation, notamment pour les mises en relation spatiale.

Dans le système SAVANE, le stockage des données géographiques est résolument vecteur, pour tout ce qui est point, ligne, ou zone. Le type pixel s’apparente à un stockage raster, mais la résolution (la taille du pixel) est variable et est directement liée à la précision de la donnée : il n’y a pas de dégradation de l’information due au stockage. Par contre, le système crée une matrice raster pour la résolution rapide de certaines opérations impliquant des relations zonales ou des masques, lorsque la précision de cette matrice est suffisante pour l’opération en question, ainsi que pour améliorer les temps d’affichage sur écran. Cette opération de rasterisation est transparente pour l’utilisateur.


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